« Je n'arrive pas à faire mon deuil » : comment avancer
Le temps passe, et pourtant la douleur reste là, presque intacte. Vous vous demandez peut-être si quelque chose ne va pas chez vous, pourquoi les autres semblent « avancer » quand vous avez, vous, l'impression de tourner en rond. Se dire « je n'arrive pas à faire mon deuil », c'est déjà une souffrance en soi : celle de se sentir bloqué, parfois seul, face à une absence qui ne se comble pas.
Cet article n'a pas pour but de vous presser. Il propose de comprendre ce qui se joue quand un deuil semble impossible à traverser, de nommer ce qui est normal dans ce que vous ressentez, et d'ouvrir des pistes concrètes pour retrouver un peu d'air.
Faire son deuil, ça veut dire quoi au juste ?
Il y a un malentendu tenace derrière cette expression. « Faire son deuil » ne veut pas dire oublier, tourner la page, ni cesser d'aimer la personne disparue. Ce n'est pas non plus effacer la douleur comme on gomme une erreur.
Faire son deuil, c'est plutôt trouver, avec le temps, une place vivable pour cette absence. Une place où le souvenir peut exister sans vous submerger en permanence, où vous pouvez recommencer à respirer, à rire parfois, sans avoir le sentiment de trahir. Le lien ne disparaît pas. Il se transforme.
Formulé ainsi, on comprend mieux pourquoi l'injonction à « faire son deuil » peut sonner faux, voire violente, quand on est en plein dedans. Vous n'avez rien à faire disparaître. Vous cherchez seulement à réapprendre à vivre avec ce qui manque.
Et cette pression, elle vient de partout : les proches qui, sans le vouloir, vous suggèrent qu'il « serait temps », une société qui valorise le fait de rebondir vite, et parfois votre propre voix intérieure qui vous reproche de ne pas aller assez bien. Le premier soulagement consiste souvent à poser ces injonctions. Vous n'avez pas à avancer selon un calendrier qui n'est pas le vôtre, ni à correspondre à l'idée que les autres se font du « bon » deuil. Personne ne vit votre perte à votre place, personne n'est donc légitime à vous dicter le rythme auquel la traverser.
Pourquoi vous avez l'impression de ne pas y arriver
Un deuil qui semble figé n'est pas un signe de faiblesse. Plusieurs facteurs peuvent expliquer que le chemin soit particulièrement long, douloureux, ou les deux à la fois.
La force et la nature du lien
Plus la relation était centrale dans votre vie, plus l'absence réorganise tout. Perdre un conjoint, un enfant, un parent avec qui le lien était complexe : chaque situation a sa propre densité. Il n'y a pas de deuil « logiquement » plus rapide qu'un autre.
Les circonstances de la perte
Une disparition brutale, un accident, une maladie foudroyante, un départ sans avoir pu se dire au revoir : quand la perte s'accompagne d'un choc ou de choses restées en suspens, l'esprit met souvent plus de temps à intégrer ce qui s'est passé.
Le manque d'espace pour exprimer ce que vous ressentez
Beaucoup de personnes se retrouvent seules avec leur peine parce que l'entourage, avec de bonnes intentions, attend qu'elles « aillent mieux ». On finit par cacher sa tristesse pour ne pas déranger. La douleur qui n'a pas d'endroit où se dire a tendance à rester bloquée.
Les pertes qui se superposent
Un deuil arrive rarement seul. Il peut se mêler à une séparation, à un déménagement, à une période de transition qui bouscule vos repères. Ces couches successives rendent le tout plus lourd à porter, et plus difficile à démêler.
Non, le deuil ne suit pas des étapes bien rangées
Vous avez peut-être entendu parler des « cinq étapes du deuil » : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation. Ce modèle, popularisé par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, est devenu une référence. Mais on oublie souvent d'où il vient : il a d'abord été conçu à partir de personnes confrontées à leur propre fin de vie, et non de personnes qui vivent la perte d'un proche. Il n'a été élargi au deuil que par la suite. D'autres approches proposent d'ailleurs un autre découpage, parfois en sept étapes, parfois en quatre grandes phases.
Peu importe le nombre, le vrai piège reste le même : croire qu'il s'agit d'un escalier qu'on gravirait dans l'ordre, une marche après l'autre, jusqu'à une case « acceptation » qui refermerait le dossier.
Le psychiatre Christophe Fauré, spécialiste français du deuil, décrit plutôt de grandes phases (le choc, la recherche, la déstructuration, puis la reconstruction), en insistant sur un point essentiel : on peut revenir à une phase que l'on croyait derrière soi. Ce n'est pas un raté, c'est le fonctionnement normal du deuil.
Concrètement, cela ressemble souvent à des vagues. Certains jours, vous vous sentez presque apaisé. Puis une chanson, une odeur, une date, et tout revient d'un coup. Vous n'êtes pas revenu au point de départ, et vous n'avez rien échoué. Vous traversez, à votre rythme, un mouvement fait d'allers-retours et d'intensités qui varient.
Combien de temps dure un deuil ?
Il n'existe pas de durée officielle, et méfiez-vous de quiconque vous en donne une. Pour beaucoup, l'intensité des premières semaines s'atténue progressivement au fil des mois, les vagues s'espaçant sans jamais disparaître complètement.
Ce qui compte n'est pas tant le calendrier que le mouvement. Un deuil qui évolue, même lentement, même par à-coups, suit son cours. Ce qui mérite attention, c'est un deuil qui reste totalement figé, sans le moindre mouvement ni relâchement, sur une longue période.
Quand il vaut mieux en parler à un professionnel de santé
Certains signaux méritent d'être pris au sérieux, non pas pour vous inquiéter, mais parce qu'un accompagnement adapté existe. Si, plusieurs mois après la perte, vous ressentez de façon durable une douleur qui ne relâche jamais, une incapacité à reprendre le fil du quotidien (travail, gestes simples, relations), un repli complet sur vous-même, ou si des idées sombres s'installent et que vous en venez à ne plus vouloir être là, il est important d'en parler à votre médecin, à un psychologue ou à un psychiatre.
Un deuil qui se prolonge de cette manière peut se mêler à une dépression, et cela se prend en compte avec l'aide de professionnels de santé. Ce n'est pas un renoncement, ni un aveu de faiblesse : c'est se donner les moyens d'être soutenu au bon endroit. L'hypnose garde toute sa place dans ces situations, en complément de ce suivi : les deux approches se conjuguent plutôt qu'elles ne s'opposent.
Comment l'hypnose peut vous accompagner dans un deuil ?
Un deuil ne se traverse jamais de la même façon d'une personne à l'autre. On peut chercher un accompagnement à différents moments : tôt, pour ne pas rester seul avec le choc, plus tard quand l'émotion reste trop forte pour laisser la place à autre chose, ou simplement parce qu'on ressent le besoin d'être soutenu sur ce chemin. Il n'y a pas de « bon » moment imposé, ni de situation trop simple ou trop lourde pour en parler.
L'objectif d'un accompagnement par l'hypnose n'est pas d'effacer la personne disparue ni de faire disparaître la peine, ce qui n'aurait aucun sens. Il s'agit plutôt d'apaiser l'intensité qui submerge quand elle prend toute la place, de retrouver un peu d'espace intérieur pour respirer, et de renouer avec vos propres ressources et avec les souvenirs qui réconfortent plutôt que ceux qui font mal. Autrement dit, aider le lien à trouver une place plus douce, plus vivable.
Concrètement, chaque séance commence par un temps d'échange, pour comprendre où vous en êtes, avant le travail en hypnose. Il n'y a pas de protocole standardisé appliqué à l'identique à tout le monde : j'ajuste ma façon de travailler, en m'appuyant sur l'hypnose ericksonienne et l'approche Elman, à votre histoire et à votre rythme.
J'ai moi-même traversé un deuil, et cette expérience m'aide à comprendre de l'intérieur une partie de ce que vous pouvez ressentir. Elle affine ma façon d'écouter, sans jamais prendre le pas sur l'accompagnement : la séance reste centrée sur vous et sur votre histoire, dans un cadre professionnel. Vous pouvez d'ailleurs en lire davantage sur mon parcours.
Un deuil qui pèse déborde souvent sur le reste. Si vous constatez que vos nuits sont devenues difficiles ou qu' une anxiété diffuse s'est installée, ces dimensions peuvent aussi être prises en compte dans l'accompagnement. Vous pouvez en savoir plus sur l'hypnose pour traverser un deuil et la façon dont les séances se déroulent.
Vous n'êtes pas obligé d'avancer seul
Se dire « je n'arrive pas à faire mon deuil » n'est pas un constat d'échec, c'est souvent le moment où l'on comprend qu'on n'a pas à traverser ça tout seul. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de vivre une perte, et il n'y a pas non plus de date limite pour chercher du soutien.
Si vous sentez le besoin d'être accompagné dans ce que vous traversez, vous pouvez prendre rendez-vous pour une séance, à domicile sur Olivet et l'agglomération d'Orléans, ou à distance en visio partout en France.
Vous pouvez aussi consulter le tarif d'une séance pour y voir clair avant de vous lancer.